mardi 14 janvier 2014

le prophète


Ce n'est pas que je sois en train de devenir musulmane. Mon aversion pour les religions reste la même. C'est le meilleur moyen d'endormir les gens. L'opium du peuple, disait Karl Marx.
C'est le plat qu'une voisine vient de m'offrir pour le petit déjeuner de l'Aïd Al Mawlid Annabawi, soit l'anniversaire de la naissance du prophète Mohammed ou Mahomet. Il est lunaire, non pas lunatique, donc son anniversaire change de date à chaque année, comme le ramadan…
Il y a 2-3 ans, c'est tombé le jour de mon anniversaire. Imaginez un peu, il est 9h le matin, on frappe à la porte et on me présente un plateau avec flocons d'avoine, galette de maïs au miel et un thé à la menthe avec des dattes. Un régal ! Effet de surprise garanti, surtout quand on vit au Maroc et que personne ne connaît la date de son anniversaire, surtout pas les propriétaires qui vivent au-dessous.
Ce fut à peu près le même effet tout à l'heure, face à cette voisine que je ne connais pas encore. Et comment la remercie à mon tour ?
Je lui ai ramené ses plats avec 8 clémentines, chiffre lié à l'Islam, qui représente l’équinoxe cosmique. Il symbolise la résurrection et le bien-être profond, la stabilité. Il est associé à l’octogone, forme qu'on retrouve partout dans la construction : portes, tables, miroirs…

samedi 11 janvier 2014

inch'Allah !


Ça s'éternise au point où le temps semble s'effriter. Tous les jours, j'ai l'espoir de voir les travaux se terminer et ça s'échelonne et s'achève au compte-goutte… lancinant ! Même si chaque fois, un petit truc s'ajoute et donne à l'endroit un air à la Sidi Moussa.
Maison aux multiples facettes, l'atmosphère change d'un coin à l'autre… et selon l'éclairage. Ici, l'enchantement vient du flou.
Ce sera donc pour demain ou après demain… inch'Allah !

vendredi 3 janvier 2014

les citrons…

On y est presque ! il ne reste qu'à faire quelques retouches et nettoyer… ça semble toutefois n'en plus finir… comme l'éternité. Heureusement, cette maison est belle sans fard, car elle aura beaucoup de défauts, avec lesquels je devrai vivre dorénavant.
Les citrons jaunissent… compensation tout de même un peu acide.

lundi 30 décembre 2013

2014

L'humanisme, l'écologie, l'ouverture aux autres, à la différence, au monde… pourra sûrement atténuer la bêtise humaine.
Nous entrons dans une année 7 : énergie . imagination . réflexion perfection . vie intérieure…
Je crois sincèrement que c'est par le changement individuel qu'on va arriver à quelque chose.
Je souhaite à l'humanité entière de s'aimer, d'un amour pur et désintéressé.

une autre aventure du petit sac orange…


… chez les Berbères du Souss, région des greniers : les agadirs…
J’éprouve un tel sentiment de liberté une fois sur la route… Le voyage c’est l’éloignement, la coupure des racines, des origines, du lien, de l’attachement. C'est la liberté d’être soi-même sans référence au passé.


De Agadir à Inezgane pour rejoindre Taroudant, ville fortifiée beaucoup moins guindée que Marrakech. Sans grand intérêt, sauf le souk dans la médina, qui ne se distingue pas vraiment des échoppes sur la rue…


Levée tôt, je prends un ness-ness sur la rue avant de chercher un transport. Rien pour Tafraout, il faut passer par Igherm en grands taxis, les vieilles Mercédès. Cette façon de voyager amplifie encore le sentiment de liberté, tout comme les jours où je pars de Sidi Moussa vers Marrakech, dans ces taxis collectifs…


La médina de Igherm ressemble étrangement à Cuzco ou même à Timbuktu. Ses petites rues de terre battue, tortueuses et en pente, ses constructions basses faites d’énormes pierres encastrées, parfois violacées.
Les femmes, Bédouines et Berbères, sur le pas de la porte, les hommes sur la place, au marché, aux cafés, aux abords des taxis…


Rencontre de l’écrivain public Aït Daoud, un fils de David, qui en était très fier. Discussion sur les origines des Berbères, Bédouins, Kabyles… ces nomades qui ont peuplé l’Afrique du Nord, des juifs, tribus chassées d’Égypte. Souleïman, le roi Salomon et la reine de Saba, celle qui a introduit les juifs en Éthiopie.
J’ai dormi dans un hôtel où il n’y avait que des hommes, attablée comme eux, le soir devant une harira bien chaude et le matin, bissara et thé.


Il fait froid ! Le transport pour la côte devient anarchique. On ne sait pas vraiment pas quand et comment on peut partir.
Mercredi, le souk amènera des gens vers cet arrière-pays, Inch’Allah ! Un camion part vers Tafraout à midi. Je continue de flâner un peu, internet, pain-fromage-miel et un dernier thé avant la route, qui n’en finit plus…


Les maisons à flan de montagnes et l’immensité des rochers… Un beau mélange de Chefchaouen et Er-Rachidia. Les oueds asséchés par le froid, les figues de Barbarie qui poussent hirsutes à flan de montagne, dans les rochers. On s’arrête partout, détour ici et là pour laisser et prendre des gens…


Tafraout, la belle au pied de l'Atlas, qui se pare de rose au coucher du soleil. Température idéale : 18° à 10h le matin. Des gens d'une simplicité et d'un calme appréciable. Ville qui s'anime autour des souks. Une culture touristique plus fine. Vieux intellos, vieux saints, vieux fous, souvent anarchistes, qui se sont exilés, de retour au pays à éduquer leurs congénères en partageant leur vécu.


Retour vers Agadir, en passant par Tiznit. On traverse le col du Kerdous. Wow ! et là… c’est l’Éthiopie. La tête dans les nuages…
Je continue jusqu’à Essaouira, où je dormirai pour reprendre la route en bus local vers Marrakech et la proximité du désert. Je terminerai le trajet en grand taxi… de Arset El Mash, vers Sidi Moussa.


Encore et toujours la même question, posée par Gauguin en 1897 : D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ?



lundi 23 décembre 2013

de la vraie neige

"Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre."
Emile Nelligan . Québec . 1879-1941


Le Québec est sous une tonne de neige, encore toute blanche. La photo a été prise de l'intérieur par ma soeur Andrée, qui vit bien au chaud à la campagne.

jeudi 19 décembre 2013

le vieil homme et le soleil

Ecce Omo . Villa de Leyva . Colombia

Ma rencontre du jour, un vieil homme dans son fauteuil roulant, sur la route qui mène à la poste de Tassoultante. À mon approche, il a montré le sol du doigt.
- Que voulez-vous ?
- Une pierre…
- Une pierre ! pourquoi ?
- Pour prier.
- Pour prier ! Wahed zouina ? kbira w srèra ?
Je prends celle qui me semble la plus appropriée, de taille moyenne et marquée de striures, la plus jolie et la lui donne.
Intriguée, je l'observe la palper… pour prendre son énergie et la retransmettre…
La gratitude dans ses yeux, illuminés par le soleil, m'a émue.
- Koulchi behèr ?
- Behèr !
- B'slam !
La main sur l'épaule, je l'ai laissé à sa prière…
…
Au retour, son fauteuil était tourné vers la route.
- Fine radi tmchi ?
- F dari.
- Fine ?
- Juste ici !
- Vous voulez que je vous aide ?
- Pas tout de suite. Je veux rester au soleil. C'est bon pour la santé. Tu sais ?
- Je sais. Meziane !
Il m'a tendu la main, que j'ai touchée et qu'il a portée à ses lèvres.
- B'slama !
Son regard m'a transportée. Ce vieil homme n'avait pas d'âge… ou il les avait tous…
Je ne veux pas atterrir.

mercredi 18 décembre 2013

à Nelly…

Photo : Anouck Schirmann

Je me suis levée ce matin… ou élevée ?
Hors du lit à 4h, une énergie incroyable ! Une sensation de légèreté à rendre hommage à l'apesanteur de Nelly. Impression ressentie toute la journée et accentuée par la force du soleil.
Quelque chose m'a quittée…
Où suis-je donc allée pendant la nuit ?

lundi 16 décembre 2013

les oliviers…

C'est la cueillette… qui se fait avec le sourire, malgré l'ingratitude de la tâche.
Je longe l'oliveraie pour sortir de mon "bled" et atteindre la route de l'Ourika. Une petite marche de 10 minutes, parfois matin et soir.
Photos : Anouck Schirmann

dimanche 15 décembre 2013

le citronnier…

J'aime cette maison, d'abord pour les murs qui transpirent encore ce que les anciens habitants y ont laissé d'eux-mêmes. Ils sont là, dans les maisons autour. Leurs cœurs battent encore dans le "wost" qui fait vivre mon citronnier.
J'aime cette vie, faite de moments riches et si simples à la fois. Acheter un petit pain sur la palette du boulanger qui le tend chaudement de son sourire. Les fruits qu'on m'offre en corrigeant mon arabe dialectal. La tige de bambou devant ma porte pour suspendre les rideaux. Les bonjours du petit matin et le soleil qui entre par le toit. La chaleur berbère de l'être humain. C'est le Maroc que j'aime.
Le "wost" est le centre de la maison, où tous se réunissent pour les moments en commun. C'est le patio où vit le citronnier, mon arbre à palabres…